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Essaouira : sur sa presqu'île rocheuse, surgissant des eaux comme un rêve de pierre sur lequel le temps n'aurait pas prise...
Depuis qu’elle a vu le jour, Essaouira s’est toujours montrée tolérante et accueillante.
L’hospitalité et la sympathie de ses habitants ne sont plus ignorées de personne. Réputée pour être une terre habitée par une communauté « juive » et une autre « musulmane » qui vivent en symbiose depuis la nuit des temps., Fondements de la cité, l'artisanat, la culture et les traditions ont toujours été et sont encore trois valeurs omniprésentes. Une ville qui a traversé le temps avec ses héritages du passé tout en se tournant vers l'avenir, une ville où tout se mêle et se marie pour donner naissance à cet extraordinaire envoûtement qu'elle exerce sur chacun de ses visiteurs.
Une ville prédestinée à l'échange culturel, et qui a toujours gardé cette image de pôle international, du port de Tombouctou, à la porte de l'Afrique, ancienne Mogador, Essaouira « la bien dessinée » cultive son art de vivre, et n'a de cesse de le perpétuer et de l’enrichir.
Patrimoine mondial
Essaouira renferme un patrimoine architectural et urbanistique particulier et original, témoignant d’un riche passé ouvert sur toutes les civilisations humaines (Européenne, Arabo-musulmane et Africaine) qui ont contribué chacune à sa part à la création de ce chef-d’œuvre qui est la médina d’Essaouira. Vu son histoire et son caractère exceptionnels, l’UNESCO a inscrit la médina d’Essaouira sur la liste du patrimoine culturel de l’Humanité depuis décembre 2001. En effet, Essaouira a joué, depuis sa fondation au XVIIIè siècle et jusqu’au début de XXè siècle, un rôle fondamental et des négociants de différents pays s’y sont établis.
Situation géographique d'Essaouira
ESSAOUIRA est située à 175 Km à l’ouest de Marrakech et à 170 Km au Nord d’ Agadir.
Essaouira est le centre administratif d’une province de 6335 Km² où habitent environ 433.683 habitants (dont 75.437 à Essaouira). Sa médina s’étend sur une trentaine d’hectares. Elle a été construite sur une presqu’île rocheuse dans l’océan en une suite d’îlots éparpillés sur le littoral.
La forêt couvre 45 % de la superficie de la province. Les arbres dont elle est composée, en particulier « le thuya » et « l'arganier » font la grandeur de la ville et sont source d'une activité artisanale pour des milliers de familles Souiri.
La province d’Essaouira jouit de nombreux sites balnéaires et d’immenses plages propres.
La fondation du port et de la médina
Son histoire remonte au VIIe siècle av. J.C. Les Phéniciens faisaient escale dans l´île de Mogador lorsqu´ils descendaient vers l´équateur. Juba II, roi de Mauritanie, y installa plus tard une fabrique de pourpre, alors très recherchée par les Romains. Le site fut ensuite tour à tour occupé par les Portugais et les sultans Saadiens.
Si la région fut habitée depuis l’aube de l’histoire l’actuelle, la cité n’a vu le jour qu’à partir de 1760 par la volonté du sultan Alaouite Sidi Mohamed Ben Abdallâh (1757-1790) qui voulait construire un port commercial sur l’Atlantique, tout près de sa capitale Marrakech, et d’en faire le chef-lieu de commerce marocain avec l’extérieur. Il voulait édifier à Mogador la plus jolie ville de son règne. Pour réaliser son entreprise, le souverain demanda à un architecte français originaire d’Avignon, Nicolas Théodore Cornut de lui dessiner les plans, Cornut aurait ainsi conçu les plans de la ville sur le modèle de Saint-Malo.
Le bastion de Bab Marrakech

Edifice défensif le plus important du côté terre, il se présente sous forme d’une batterie cirulaire conçue pour une dizaine de canons répartis sur un angle de 270°, dominant ainsi la presque totalité des accès Est de la médina. D’un diamètre de 35m, il occupe une superficie d’environ 980 m².
L’intérieur de la tour servait de poudrière et d’entrepôt de munitions. Sa structure solidement bâtie en moellons et pierre de taille, est composée d’un double mur extérieur relié a un noyau central (tour de 8m de diamètre) par une enfilade d’alcôve voûtées découpant ainsi l’espace en 11 compartiments identiques communicant tous par une galerie en coursives.
Par ailleurs, la médina renferme plusieurs mosquées, des synagogues et quelques églises. Parmi les plus importantes mosquées, celles de la Qasbah et de Ben Youssef sont les plus anciennes.
Ile de Mogador
Connus des Romains sous le nom d’iles Purpuraires, l’ile de Mogador et l’ilot voisin ont été visités durant toute l’Antiquité par les marchands méditerranéens : Grecs, Chypriotes, Phéniciens, Carthaginois et surtout Romains y ont laissé des traces révélées par les fouilles archéologiques. Occupée et fortifiée au temps de Mohamed Ben Abdellah, l’ile de Mogador qui est aujourd’hui déserte, ne laisse voir que quelques ruines, offre une vue étendue sur la cote, la ville et la baie d’Essaouira. C’est désormais une réserve ornithologique, célébre pour la présence de faucons Eléonore.
Essaouira, atelier à ciel ouvert des métiers de l'artisanat.
Autant de pratiques artisanales qui reflètent à la fois la richesse des arts et métiers dans la ville et la diversité de ses populations.
Comment pourrait-on parler d'Essaouira sans évoquer son artisanat ? En effet, aller à la rencontre des artisans est devenue une chose inévitable quand on sillonne les rues et les ruelles d'Essaouira.
Pourtant cet état de fait n'existait pas jusqu'au début du XXè siècle où seul le commerce était prépondérant : entre 5 et 6 % seulement de la main d'œuvre était employée dans l'artisanat.
L'artisanat de bijouterie fût de tout temps prospère grâce aux anciens mâalam juifs qui lui ont donné ses titres de noblesse : qui n'a entendu parler du célèbre « Dag Souiri » et de « la rose de Mogador » motifs de décoration propres à la Cité des Alisés ?
La marqueterie elle même n'a vu son rôle s'entendre qu'avec l'avènement du XXè siècle. Elle a même connu une évolution très significative, muant ainsi d'un artisanat utilitaire à un artisanat d'art. Les artisans du bois excellent dans les travaux d'ébénisterie de marqueterie et d'incrustation, ont su exploiter de génération en génération, l'aspect esthétique remarquable du bois de thuya incrusté d'autres essences telle que le citronnier, l'ébène, la nacre, les fils de cuivre et d'argent, les éclats d'os de chameau, pierres, métaux, écailles et marbre, et qui vont du simple porte-clés à l'armoire ou au bureau, en passant par les magnifiques tables rondes et les tabourets. Aujourd'hui, seule la marqueterie sur bois du thuya, cette essence rare et précieuse, a véritablement un impact palpable sur l'emploi (7.000).
Les bijoutiers, quant à eux, travaillent des articles en or et en argent renommés pour leur originalité et leur finesse. Les autres activités artisanales, bien que modestes, produisent pourtant des chefs-d'œuvre qui ont été consacrés dans plusieurs salons et foires nationales et internationales. Ces activités sont essentiellement : le tissage, la calligraphie, le raphia, le cuir, la maroquinerie, le fer forgé, les lampes en peau décorée de henné et les instruments de musique tels « Djembés » et «Guember ».
L’huile d’argan

L'arganier n'existe qu'au Maroc et nulle part ailleurs sur la planète (juste quelques rares spécimens en Amérique du
sud, mais qui ne donnent pas de fruits). Il vit dans la région entre l'arrière-pays d'Essaouira et Agadir depuis des millions d'années, alors que le climat était beaucoup plus chaud.
C'est un arbre extrêmement résistant dont les forêts s'étendent sur plus de 800 000 hectares (21 millions d'arbres). Classé par l'Unesco au patrimoine mondial, il est maintenant protégé et surveillé. Il peut vivre 200 ans et ses racines de plusieurs mètres réussissent à puiser le peu d'eau dont elles ont besoin. Le fruit de l'arganier donne l'huile d'argan. L'extraction artisanale est entièrement manuelle Elle est produite sans solvant ni chauffage. C'est une huile de première pression à froid synonyme de haute qualité nutritive.
Elle est légèrement plus sombre que l'huile d'olive et a un léger goût de noisette. c'est également une huile médicale et cosmétique reconnue depuis des siècles pour soigner la varicelle chez l'enfant, l'acné juvénile les vergetures, retarder le vieillissement cutané.
Les gnaoua
« Gnaoua » désigne des afro-musiciens et musiciens- guérisseur,
Anciens esclaves d'origine africaine. Au Maroc, les gnaoua se répartissent en deux catégories les gnaoua des villes impériales qui célèbrent le rite de possession, la "derdeba", et dont l'instrument principal est le guenbri, et les gnaoua des pays berbères, que l'on désigne par les termes de Abid Lala Krima.
Ces derniers utilisent des tambours (ganga) et des crotales (qraqeb ou qraqech) en fer pour leurs tournées aumônières et pendant la réunion de leurs adeptes où se produisent des transes. Longtemps assimilés aux rites dangereux de l'exorcisme, rite discret, ils sont aujourd'hui de véritables célébrités, adulés par les étrangers. Mahmoud Guinéa, gnaouis d'Essaouira est devenue une vedette mondiale.
Toutes les années, fin juin, a lieu le festival gnaou et musique du monde.
http://www.festival-gnaoua.net/festival_essaouira/pages/index.php





